Le marché procède à un vaste tri au sein du secteur des logiciels
Grands perdants de la révolution technologique en cours, les éditeurs de logiciels peinent à rasséréner le marché quant à la pérennité de leur modèle économique.
L’avènement de l’IA générative, symbolisé par ChatGPT, a profondément bouleversé le secteur des logiciels, provoquant une chute des valorisations de certains grands noms du secteur. Si la révolution technologique en cours menace les modèles économiques de certains acteurs historiques, elle agit également comme un catalyseur pour d’autres, redistribuant la valeur ajoutée au sein du secteur plutôt que de la détruire.
Les éditeurs de logiciels dits « horizontaux », dont la tarification repose souvent sur le nombre d’utilisateurs, se retrouvent sous pression. C’est notamment le cas d’un Salesforce, dont les solutions, aisément automatisables par l’IA à moindre coût, ne sont, qui plus est, pas imbriquées dans les systèmes critiques de ses clients. L’éditeur de Photoshop, Adobe, voit également certains de ses segments d’activité concurrencés par les modèles d’IA générateurs d’images et de vidéos.
Les éditeurs « nouvelle génération » bénéficiaires
Une autre partie du secteur s’impose, à l’inverse, comme la future colonne vertébrale indispensable au déploiement de l’IA. Les spécialistes de la cybersécurité, à l’image de Crowdstrike, sont ainsi identifiés comme des gagnants, l’intelligence artificielle multipliant et complexifiant les attaques. Les acteurs proposant des solutions de stockage et d’analyse de données, notamment ceux dotés d’infrastructures cloud modernes comme Snowflake et MongoDB, offrent également une valeur ajoutée considérable et grignotent des parts de marché au champion historique du secteur, Oracle. Délaissés comme les acteurs les plus menacés, certains éditeurs européens historiques, comme SAP, jouissent toujours de positions fortes sur des segments où les barrières à l’entrée demeurent importantes. Les ERP (pour « progiciels de gestion intégrés ») développés par le géant allemand sont, en effet, profondément intégrés dans les processus critiques de ses clients, avec des coûts de transfert colossaux à la clé.
L’ensemble du secteur se dirige toutefois vraisemblablement vers un changement de paradigme économique, avec une tarification « au siège », longtemps privilégiée par ces acteurs, qui devrait céder sa place à des modèles hybrides basés sur la consommation, voire sur les résultats.
| Les principales valeurs du secteur | ||
| Valeurs | Évolution sur 1 an | Évolution sur 5 ans |
| Salesforce | -39 % | -33 % |
| Adobe | -42 % | -63 % |
| Crowdstrike | +51 % | +207 % |
| SAP | -46 % | +18 % |
| Dassault Systèmes | -41 % | -55 % |