Envolée spectaculaire de l’or et des valeurs aurifères
2025 restera l’année des superlatifs pour l’or. Et au regard de l’environnement économique et géopolitique, le mouvement haussier devrait se poursuivre.
Des records à foison, le dernier en date du 23 décembre, à 4 497,68 dollars l’once, et une hausse de 65 % en 12 mois, l’or a connu une année retentissante. Et les facteurs qui expliquent cette envolée seront toujours à l’œuvre en 2026.
Depuis le gel des avoirs russes consécutif à la guerre en Ukraine, de nombreux pays émergents, non alignés avec les États-Unis, souhaitent s’affranchir du dollar et diversifier leurs réserves de change. Leurs banques centrales se reportent ainsi massivement sur l’or. Et cette tendance devrait se poursuivre.
D’autant que le niveau d’endettement des États-Unis (et plus globalement des pays occidentaux), de moins en moins soutenable, inquiète. Il devrait se traduire par une pression sur les taux d’intérêt, et plus précisément sur les taux d’intérêt réels, appelés à demeurer à des niveaux durablement bas. Or ces derniers constituent historiquement le meilleur facteur de soutien du métal jaune. Enfin, avec la multiplication des tensions géopolitiques un peu partout dans le monde, l’or devrait continuer d’endosser son rôle de valeur refuge.
Les mines amplifient les fluctuations
Cette envolée des cours du métal physique a bénéficié aux titres des mines d’or, qui ont amplifié ses fluctuations. L’indice Nyse Arca Gold Miners, qui regroupe les principales sociétés aurifères cotées, s’est ainsi adjugé plus de 160 % en 2025. Un chiffre qui cache bien évidemment des disparités.
Parmi les plus grandes mines, essentiellement nord-américaines, l’heure de gloire des groupes sud-africains étant révolu, Barrick Mining a gagné 180 % en un an. Ses progrès opérationnels, le règlement d’un litige au Mali et la perspective d’une scission en deux entités de la société ont séduit. Avec un gain de 175 %, Newmont, le leader du secteur, a retrouvé les faveurs des marchés. L’acquisition de Newcrest Mining il y a deux ans avait suscité des inquiétudes, or son intégration a suivi le plan de marche, en matière de synergies et de cessions des actifs les moins rentables.
Enfin, Agnico Eagle (+119 %) ferme la marche, mais la mine canadienne, devenue la référence du secteur, affiche des performances opérationnelles et boursières sans égales sur la durée. Il s’agit des trois plus grandes mines, mais aussi des plus sûres dans un univers foisonnant mais hétéroclite.
| Les principales valeurs du secteur | ||
| Valeurs | Évolution sur 1 an | Évolution sur 5 ans |
| Agnico Eagle Mines | +119 % | +172 % |
| Barrick Mining | +180 % | +113 % |
| Newmont | +175 % | +75,4 % |
| Kinross | +198 % | +326 % |
| Anglogold Ashanti | +278 % | +291 % |